7.8 La nature humaine de Jésus

7.8 Quels sont les indices en faveur de la nature humaine de Jésus ?

Le Nouveau Testament met en lumière la réalité humaine de Jésus. Bien qu’il soit reconnu comme l’Envoyé de Dieu, il apparaît avec des limites humaines : il grandit en âge et en sagesse, ressent la faim, la fatigue, la tristesse et la souffrance. Ses paroles indiquent qu’il n’était pas omniscient, qu’il recevait son enseignement du Père, qu’il priait Dieu et se soumettait à sa volonté.

Pour réunir ces passages, j’ai consulté différents sites musulmans1, qui mettent en avant les versets bibliques soulignant l’humanité de Jésus et sa subordination au Père.


Témoignages bibliques sur l’humanité et les limites de Jésus #

ThèmePassagesCommentaires
Les disciples considèrent Jésus comme un homme, envoyé de Dieu, serviteur de DieuActes 2:22 : « Écoutez bien, Israélites, ce que j’ai à vous dire. Vous le savez tous : Jésus de Nazareth – cet homme dont Dieu vous a montré qu’il l’approuvait en accomplissant, par son moyen, au milieu de vous des miracles, des signes et des actes extraordinaires… »

Actes 3:26 : « C’est d’abord pour vous que Dieu a ressuscité son serviteur et l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de ses mauvaises actions. »

Actes 4:27 : « En effet, contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et les peuples d’Israël. »

Jean 17:3 : « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Jésus a grandi en sagesse et avait une connaissance limitéeLuc 2:52 : « Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes. »

Marc 9:20-21: « On le lui amena. Dès que l’enfant vit Jésus, l’esprit l’agita avec violence : il tomba à terre et se roulait en écumant. Jésus demanda au père : Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? Le père répondit : Depuis son enfance. »
Jésus n’est pas omniscient.
Jésus reconnaît que son savoir vient de DieuJean 7:16 : « Jésus leur répondit : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. »

Jean 8:28 : « …je parle selon ce que le Père m’a enseigné. »

Jean 12:49 : « Car je n’ai pas parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a ordonné lui-même ce que je dois dire et enseigner. »
Jésus transmet un enseignement reçu du Père.
Jésus se différencie de DieuLuc 18:18-19 : « Un chef interrogea Jésus, et dit : Bon maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui répondit : Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul. »Ici, Jésus renvoie toute bonté absolue à Dieu. Certains y voient une interpellation implicite : si on l’appelle « bon », cela pourrait signifier reconnaître sa divinité. Voir note ci-dessous.
Dieu est plus grand que JésusJean 14:28 : « Vous avez entendu que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi. »Jésus reconnaît une hiérarchie avec le Père.
Jésus prie Dieu et enseigne à prier le Père et à demander « en son nom ».Luc 11:2 : « Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne. »

Luc 6:12 : « En ce temps-là, Jésus se rendit sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. »

Jean 16:23-24 : « En ce jour-là, vous ne m’interrogerez plus sur rien. En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom. Jusqu’à présent, vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite. »
Jésus recherche la volonté de Dieu et non la sienneLuc 22:42 : « Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. »

Jean 5:30 : « …parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. »

Jean 6:38 : « Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. »
Jésus exprime clairement sa soumission au Père.
Jésus est subordonné à Dieu1 Corinthiens 11:3 : « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. »

1 Corinthiens 15:28 : « Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. »
Subordination explicite du Fils au Père.
Jésus a besoin d’être fortifié par DieuLuc 22:41-43 : « Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, et, s’étant mis à genoux, il pria, disant : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier. »Jésus montre sa fragilité humaine et reçoit force et soutien.
Jésus connaît la fatigue et les besoins physiquesJean 4:6 : « Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’assit au bord du puits. »

Matthieu 4:2 : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. »

Jean 19:28 : « Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie : J’ai soif. »
Jésus partage les limites physiques de tout être humain : fatigue, faim, soif.
Jésus exprime des émotions humainesJean 11:35 : « Jésus pleura. »

Matthieu 26:38 : « Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; restez ici, et veillez avec moi. »

Matthieu 9:36: « Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont pas de berger. »
Jésus ressent la tristesse et la compassion.
Jésus connaît la tentationHébreux 4:15 : « Car nous n’avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir à nos faiblesses ; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. »Jésus fait l’expérience réelle de la tentation, mais demeure sans péché.

Note: Luc 18:19 peut être interprété de deux façons

  1. Une preuve de son humanité

    Dans ce passage, Jésus répond à un notable qui l’appelle « bon Maître » : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul » (Luc 18:19). Pris littéralement, Jésus se distingue de Dieu et refuse d’être qualifié de « bon » au sens absolu. La bonté parfaite est un attribut exclusif de Dieu. Dans cette lecture, Jésus manifeste son humilité et sa subordination au Père : il ne revendique pas pour lui-même un titre divin et replace toute attention sur Dieu seul. Ce verset est donc utilisé par ceux qui mettent en avant son humanité et sa dépendance à Dieu.

  2. Une allusion implicite à sa divinité

    D’autres interprètes voient dans cette parole non pas une négation, mais une provocation rhétorique. Jésus met l’homme face aux implications de ses propres mots : si personne n’est bon sauf Dieu et que tu m’appelles « bon », alors es-tu prêt à reconnaître que je suis plus qu’un simple homme ? Dans cette perspective, le verset ne contredit pas la divinité de Jésus, mais oblige plutôt l’interlocuteur à réfléchir sur son identité véritable.

    La suite du récit le confirme :

    « Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas d’adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne déroberas pas ; tu ne diras pas de faux témoignage ; honore ton père et ta mère. »
    « J’ai, dit-il, observé toutes ces choses dès ma jeunesse. »
    Jésus, ayant entendu cela, lui dit :
    « Il te manque encore une chose : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. » (Luc 18:20-22)

    Ici, Jésus ne se contente pas de renvoyer à Dieu et à la Loi : il place lui-même au centre de la réponse, appelant le notable à le suivre personnellement. C’est ce qui renforce l’interprétation christologique du passage.


Conclusion #

L’ensemble de ces passages montre que le Nouveau Testament insiste sur la réalité humaine de Jésus : il apprend, prie, se fatigue, connaît la faim, la soif, les émotions, la tentation et la souffrance. Ses paroles soulignent sa dépendance au Père, dont il reçoit son enseignement, et sa volonté constante de se soumettre à Dieu. Les disciples eux-mêmes l’ont présenté comme serviteur et envoyé de Dieu.

Références #


  1. Articles consultés : ↩︎

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