8. Conclusion — Ce en quoi je crois aujourd’hui
Après plus de vingt ans de recherches, de lectures, de questionnements, de discussions et d’expériences personnelles, j’en suis arrivé à une conviction simple : il existe bel et bien une réalité spirituelle, cohérente et accessible, et les différentes traditions religieuses en sont des chemins partiels mais sincères.
La démarche rationnelle ne détruit pas la foi — au contraire, elle peut la purifier, l’éclairer et lui donner une structure solide.
Au terme de ce long parcours, voici ce qui me paraît aujourd’hui le plus plausible.
Ce qui me paraît le plus plausible au sujet de Dieu #
- Dieu existe.
- Dieu est omnipotent (tout-puissant), omniprésent (présent partout et en tout temps) et omniscient (connaissance infinie).
- Dieu est parfait dans le sens qu’il possède toutes les perfections possibles (être, unité, vérité, bonté, puissance, sagesse, etc) et au degré maximal, c’est-à-dire sans limite, sans défaut, sans dépendance.
- Dieu est juste : il reconnaît la valeur propre de chaque être, agit en conséquence, et traite chacun selon ce qu’il mérite ou ce qui lui revient.
- (Pluralisme religieux) Toutes les religions sont des expressions valides de la recherche spirituelle et peuvent conduire au divin. Chaque tradition religieuse, avec ses particularités culturelles et historiques, offre une voie vers Dieu ou vers le salut. Toutes les voies religieuses sont valides à leur manière.
- Dieu connaît chacun intimement et trace pour chacun un chemin spécifique: que ce soit par la logique, l’art, une expérience spirituelle, la lecture de textes sacrés tels que la bible ou du Coran, ou par des rencontres.
Ce qui me paraît le plus plausible sur ce qu’il y a après la mort #
- La mort est une transition vers un autre plan d’existence, où la conscience survit et où l’âme peut continuer à évoluer et à croître spirituellement.
- De nombreuses personnes ayant eu une expérience de mort imminente rapportent aussi avoir rencontré un être de lumière, un ange, un guide spirituel, voire Jésus lui-même. Ces rencontres sont décrites comme bouleversantes, baignées d’amour absolu, et souvent accompagnées de révélations spirituelles. Voici les principaux messages qui reviennent avec insistance :
- Tu es profondément aimé : Chaque personne est accueillie par une présence divine (lumière, Jésus, Dieu) qui l’aime de manière inconditionnelle, sans jugement ni condamnation.
- Le but de la vie est d’aimer et de servir : La vie terrestre est une opportunité d’apprendre à aimer les autres et de contribuer au bien commun par le service.
- La Terre est une école spirituelle : La vie et même les épreuves ont pour objectif de faire évoluer l’âme, et ce processus continue après la mort dans d’autres plans d’existence.
Ce qui me paraît le plus plausible sur le christianisme #
- Le texte du Nouveau Testament a été fidèlement transmis, le canon s’est formé selon des critères solides et ses auteurs sont des témoins dignes de confiance:
- En se basant sur le faible écart de temps entre les originaux et les manuscrits retrouvés, ainsi que sur le grand nombre de copies permettant la comparaison, on peut conclure qu’il est fort probable que le texte du Nouveau Testament transmis jusqu’à nous soit fidèle aux écrits initiaux.
- Les apocryphes n’ont pas été retenus car (1) ils étaient trop tardifs et donc éloignés des témoins directs, (2) ils contenaient des éléments étrangers à la foi chrétienne, souvent liés au gnosticisme et (3) ils n’étaient pas lus dans l’ensemble des églises mais seulement dans des cercles restreints. Ainsi, la distinction entre écrits canoniques et apocryphes n’est pas le fruit d’une sélection arbitraire, mais d’un discernement progressif visant à préserver le témoignage le plus ancien, le plus authentique et le plus universel sur la vie et l’enseignement de Jésus.
- L’examen des Évangiles à travers différents critères — intention de rapporter des faits, capacité de transmission, caractère des auteurs, cohérence des récits, absence de partialité, présence d’éléments embarrassants, vérifications externes et absence de témoignages contradictoires solides — montre qu’ils présentent un haut degré de crédibilité historique. Il est donc raisonnable de conclure que les auteurs des Évangiles sont des témoins fiables, qui ont cherché, avec sincérité et fidélité, à retranscrire la vie de Jésus et son message. Leur récit est cependant empreint de leur foi, de leurs émotions, de leur personnalité et de leur arrière-plan culturel et social, ce qui lui donne à la fois sa profondeur théologique et sa dimension humaine.
- Jésus a vraiment existé: Même si les sources non chrétiennes sont limitées, elles confirment les points essentiels : (1) Jésus était un personnage historique réel, (2) il a été exécuté sous Ponce Pilate, et (3) un mouvement s’est formé autour de lui, rapidement assez important pour être remarqué et persécuté. L’écrasante majorité des historiens, qu’ils soient croyants ou non, admettent donc que Jésus de Nazareth a bel et bien existé.
- Jésus est vraiment mort sur une croix: Les détails rapportés dans les Évangiles concordent avec ce que l’on sait des pratiques de crucifixion romaine et s’accordent également avec les connaissances médicales modernes. Ainsi, l’examen attentif du récit de la crucifixion, confronté aux données de l’histoire, de la médecine et de l’archéologie, confirme de manière convaincante que Jésus est bel et bien mort sur la croix.
- Jésus est vraiment ressuscité: Les sources historiques rapportent plusieurs éléments majeurs : le tombeau vide constaté par les femmes, les apparitions multiples de Jésus à ses disciples, la conversion radicale de Paul le persécuteur et de Jacques le sceptique, ainsi que le changement profond des apôtres passés de la peur au témoignage courageux. Ces faits s’accompagnent de l’émergence soudaine de croyances et de pratiques inédites, difficilement explicables sans un événement réel. Ainsi, la résurrection de Jésus demeure l’hypothèse la plus cohérente pour rendre compte de l’ensemble des faits.
- Jésus est un homme: Le Nouveau Testament insiste sur la réalité humaine de Jésus : il apprend, prie, se fatigue, connaît la faim, la soif, les émotions, la tentation et la souffrance. Ses paroles soulignent sa dépendance au Père, dont il reçoit son enseignement, et sa volonté constante de se soumettre à Dieu. Les disciples eux-mêmes l’ont présenté comme serviteur et envoyé de Dieu.
- Jésus est le fils de Dieu incarné:
- Le fait que Jésus pardonne les péchés, accepte l’adoration, et que Dieu ait authentifié son message par la résurrection va bien au-delà du rôle d’un simple messager.
- Jésus revendique l’identité du « Je suis », se présente comme préexistant et maître du sabbat, affirme être dans le Père et recevoir une autorité universelle. L’ensemble de ces indices, confirmés par la résurrection, constitue un témoignage fort en faveur de la nature divine de Jésus.
- C.S. Lewis résumait ce dilemme en affirmant que face à de telles prétentions, trois options seulement sont possibles : Jésus était soit un fou, soit un menteur, soit réellement le Seigneur. Or, comme l’a montré le journaliste Lee Strobel dans Jésus : l’Enquête, l’analyse psychologique rend très improbable qu’il ait été fou, et son martyre volontaire rend tout autant invraisemblable qu’il ait été un menteur. Reste alors la troisième option : Jésus est bien celui qu’il prétendait être — le Fils de Dieu incarné. *Le Christ a donc à la fois une nature divine (Verbe éternel) et une nature humaine (Jésus). Une seule personne mais deux natures.
- La signification de la mort de Jésus: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15:13).
- Dieu n’a pas besoin de sacrifice sanglant pour pardonner, mais seulement d’un cœur repentant,
- Les références à l’agneau pascal, au sacrifice expiatoire et au serviteur souffrant dans le Nouveau Testament apparaissent comme des tentatives des disciples de donner sens à la mort de Jésus à partir de leurs Écritures et de leur culture,
- Jésus avait probablement pressenti que sa mission l’exposerait à la mort, et il a pu l’annoncer à ses disciples, mais sans lui donner une signification pénale.
- Sa mort n’est pas comprise comme une exigence de justice divine, mais comme la conséquence tragique de son message de vérité, de justice et d’amour, qui a dérangé les autorités de son temps.
- La croix devient ainsi le témoignage suprême d’un amour radical, d’un don total de soi, qui manifeste la profondeur de l’amour de Dieu et appelle chacun à la conversion.
- Le salut n’est donc pas lié à une logique de dette et de paiement, mais à la réponse du croyant qui se tourne vers Dieu avec un cœur repentant et confiant.
- La croix est comprise comme le sceau d’une nouvelle alliance. Elle marque la fin des rites sacrificiels, de l’intermédiaire des prêtres et du temple et ouvre un chemin inédit : une relation directe avec Dieu, où le pardon et la vie sont donnés gratuitement à ceux qui se confient en lui.
- Le message de Jésus:
- Jésus annonce que le Royaume de Dieu est déjà présent parmi nous : une réalité spirituelle qui commence dans le cœur humain et se manifeste par l’amour, la paix, la justice et la miséricorde. Il appelle chacun à entrer dans ce Royaume par une véritable conversion intérieure, non en multipliant les rites, mais en laissant son cœur être transformé.
- Son enseignement place l’amour au centre : aimer Dieu de tout son être et aimer son prochain comme soi-même. Cela se traduit par le pardon, la miséricorde, la compassion envers les plus vulnérables et le service humble et désintéressé. Jésus montre un Dieu qui est Père, qui cherche chaque personne, accueille le pécheur repentant sans humiliation et relève ceux qui sont brisés.
- Pour Jésus, la valeur d’une vie se mesure à l’amour que l’on donne, à la fidélité, à la vérité et à la capacité de se mettre au service des autres. Mais il annonce aussi que ce Royaume, déjà présent dans les cœurs et dans les actes de bonté, connaîtra un accomplissement futur : un monde renouvelé où le mal, la souffrance et la mort disparaîtront, et où Dieu sera tout en tous.
Ma foi n’est pas une certitude mathématique : elle est une confiance raisonnable, éclairée, nourrie et vivante. Une confiance qui continue de se construire, de se questionner et de s’approfondir. Si mon parcours peut aider ne serait-ce qu’une personne à avancer dans sa propre quête, alors ce blog n’aura pas été vain.